Blandine Yaméogo : de la Reine du Warba au grand écran, l’éclat d’une icône burkinabè
Née en 1960 à Koudougou, Blandine Yaméogo s’est imposée comme une figure incontournable de la scène culturelle burkinabè. Danseuse, comédienne, chorégraphe, compositrice… elle incarne l’art dans toute sa pluralité, traversant les frontières entre traditions ancestrales et expressions contemporaines. Découvrez le parcours fascinant d’une femme dont la grâce incarne la force.
C’est auprès de la maison des jeunes et de la culture de Ouagadougou que Blandine débute son aventure artistique en 1977, à l’âge de 16 ans. Elle y découvre d’abord les danses traditionnelles avant d’explorer la danse contemporaine et le jazz. Ses premières performances la mèneront des troupes culturelles locales aux scènes internationales, notamment lors de tournées avec Mathilde Monnier.
Blandine fait son entrée au cinéma dès 1978, d’abord comme danseuse dans une coproduction régionale. Sa filmographie prestigieuse s’ouvre avec Keïta ! L’héritage du griot (1995), où elle incarne Sogolon.
Suivent des rôles émouvants dans :
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La nuit de la vérité (The Night of Truth, 2004) : femme peintre
- Delwende, lève-toi et marche (2005), un drame puissant où elle interprète Napoko et participe à la chorégraphie. Le film reçoit le Prix de l’Espoir au Festival de Cannes 2005 dans la section Un Certain Regard
- Notre étrangère (The Place in Between, 2011) : elle y joue la tante Acita
- Bayiri, la patrie (2011) : elle incarne Zalissa dans ce drame poignant sur l’exil des migrants burkinabè.
Au total, sa carrière comprend une cinquantaine de longs-métrages, ainsi que de nombreux courts-métrages — un témoignage de son engagement profond dans le cinéma burkinabè.
Au-delà de la scène et de l’écran, Blandine fonde la compagnie Dafra‑Kan, qui incarne un espace de création et de transmission. Professeure au Centre des Arts Vivants de l’Université de Ouagadougou, elle conduit workshops et formations à travers le monde. En 2021, lors de la 12ᵉ édition du projet Engagement Féminin, elle partage son expérience auprès de jeunes chorégraphes, transmettant avec générosité ses réflexions sur le parcours de l’artiste.
Elle souligne ainsi l’importance de l’effort, de la persévérance, et la réalité économique parfois dure du milieu artistique : « L’art ne nourrit pas son homme… dans le monde entier »
Amoureuse des rythmes de Bobo, Blandine incarne la tradition mandingue et les sonorités du balafon et du djembé. Ce lien fort avec son héritage justifie son surnom : la Reine du Warba.
Le 30 novembre 2023, elle présente son premier album Silmandé, véritable ode à la paix, à l’unité et au pardon, à l’Espace Gambidi d’Ouagadougou. Ce recueil de six morceaux (Silmandé, Faso, Kongo, Fourou, Djourouni, Tama) s’imprègne de cet univers musical chaleureux et traditionnel qu’elle célèbre. Elle y encourage un engagement des chefs traditionnels pour libérer les peuples, prône l’unité nationale et invite la jeunesse à plus de pardon. Pour son apport aux arts et à la culture, Blandine Yaméogo est décorée Chevalier de l’Ordre du Mérite musique, danse, cinéma. Ce titre vient couronner une carrière impressionnante et multiforme, tissée de passion, de transmission et de créativité.
Blandine Yaméogo est une personnalité multi-facettes, dont l’œuvre chevauche les frontières du cinéma, de la danse, de la musique et de la pédagogie. Aujourd’hui, c’est une icône culturelle burkinabè. Son chemin, qui conjugue fidélité à ses racines et innovation artistique, incarne un modèle de résilience et d’inspiration pour les générations à venir.